Survivre aux vide greniers

Survivre aux vide greniers

Par moments, je suis un peu un mouton. Je m’intéresse à des gens assez populaires à un moment où ils sont en plein boum. J’ai bien envie de vous parler régulièrement de minimalisme / simplification / rangement / ascétisme (ah non, pas ça) ici. Je crois qu’à la base l’idée est venue grâce à une de mes camarades de classe au lycée, qui portait beaucoup de vêtements d’occasion et s’était mise à coudre pour ne pas être limitée par le choix des magasins de mass market. En devenant étudiante et contrainte de gérer un petit budget, chiner est devenu d’autant plus intéressant à mes yeux.

Je ne vais pas faire un article sur le minimalisme là-tout-de-suite-maintenant. J’en laisserai le soin à ma copine Chauncey quand elle aura un peu plus de temps et si ça la tente. Pour des raisons écologiques et la santé de son porte-monnaie, partir à la conquête d’un vide grenier ou d’un magasin d’objets d’occasion semble toujours être une bonne idée. Du moins sur le papier.

Pour les gens un peu plus hésitants, j’ai bien peur que ce ne soit une source de stress. L’assurance de repartir avec trop d’objets et les poches vidées parce qu’on aurait pu passer à côté d’une super affaire. C’est la même histoire avec les réseaux sociaux : on y passe du temps, beaucoup, trop, de peur de rater quelque chose. Quand bien même des centaines de citations, pensées, photos, qui nous auraient intéressés n’arriverons jamais à nous. C’est aussi de ces craintes dont parle l’article du blog l’Armoire Essentielle « Radin, tout un art ou vraie addiction ? ».

mouton sceptique

Voilà. J’essaie de ne pas me laisser avoir par les magasins de fast fashion, mais j’aime la petite friperie près de chez moi. J’y ai trouvé beaucoup de mes vêtements, si bien qu’il m’est arrivé de fermer les yeux sur la pertinence d’un élément supplémentaire dans une garde robe déjà fournie là-dedans, une robe un peu courte mais ça va, un objet parfait à condition de le rafistoler ou customiser.

Vous voyez le genre de piège ?
Du haut de ma non-sagesse ancestrale, voici quelques conseils qui pourraient vous aider à être moins inquiets devant la saison des vide-grenier et en profiter pleinement.

Un gros pull avec plein de laine dedans. C'était pas forcément la couleur que j'avais en tête mais je suis certaine de le porter parce que j'aime les pulls chauds sans pour autant aimer vendre mes organes au marché noir. Et la vendeuse était vachement contente de s'en débarrasser aussi.
Un gros pull avec plein de laine dedans. C’était pas forcément la couleur que j’avais en tête mais je suis certaine de le porter parce que j’aime les pulls chauds sans pour autant aimer vendre mes organes au marché noir. Et la vendeuse était vachement contente de s’en débarrasser aussi.

Ne prévoyez qu’une petite somme d’argent, en fonction de vos recherches. Si vous êtes en quête de meubles, il y a à parier que ce soit plus cher que de simples vêtements d’été. Idem si vous cherchez un manteau d’hiver, selon toute logique, il devrait être plus cher qu’un t-shirt. Si vous y allez juste « pour flâner », gardez une vingtaine d’euros.
Prévoyez votre chéquier, pour les coups de coeur. Au vu du conseil précédent, serait-ce un oxymore ? Pas vraiment. Je peux comprendre l’idée que partir presque sans rien est une source de frustration et qu’effectivement, si vous tombez sur l’objet de vos rêves vous risquez de vous en mordre les doigts. Le chèque, beaucoup plus formel que donner quelques pièces ou un billet, pourra vous pousser à réfléchir : si vous avez la flemme de faire un chèque c’est que l’objet ne vous plaît pas tant que ça.
Réfléchissez aux objets qui vous intéresseraient. Faites une liste si besoin. Ce sera un bon moyen pour vous raisonner si vous trouvez quelque chose de super mais hors de la liste. Ca ne veut pas dire que vous devez vous limiter à la seule liste, mais cela peut vous aider à décider si c’est un achat coup de coeur ou un achat irréfléchi. S’agirait pas de repartir avec le bazar de quelqu’un, non ?
N’achetez que ce qui est en bon état à la base, que vous n’aurez pas besoin de réparer longuement. Faites attention aux tâches sur les vêtements, aux fils qui se décousent … L’intérêt des vêtements de seconde main, c’est que vous ne risquez pas qu’ils se déforment au lavage. Les habits neufs sont recouverts d’un tas de substances pas très sympa qui les font tomber merveilleusement bien sur cintre et dans l’idéal sur vous. Sauf que la magie peut se rompre au premier lavage, les vêtements se distendre et vous faire regretter l’achat. Normalement, le vêtement aura atteint ici sa « final form ». Comme un boss de jeu vidéo sur la dernière partie de la solution que vous avez consulté pour voir s’il en restait beaucoup, au bout de la 3ème transformation.

Ici, une marinière démoniaque.
Ici, une marinière démoniaque.

Ne ramenez que ce que vous pourrez porter (hors meubles pour lesquels vous pouvez convenir avec le vendeur). Raisonner en tenant compte de vos petits bras vous aidera aussi à ne pas vous détester. Pensez au moment où vous devrez rentrer chez vous sous un éventuel soleil de plomb ou une pluie battante. En gros, partez équipés pour ne pas abîmer tout ça ou maudire l’instinct qui vous a poussé à craquer pour ce petit objet.
Pas de vêtements à la mauvaise taille, vous pouvez essayer les manteaux / vestes, les hauts, les chemises si vous prévoyez des vêtements confortables. Demandez à la personne qui vous accompagne éventuellement de vous prendre en photo pour vous faire une idée. Il y a tellement de vêtements dans le marché de l’occasion que vous aurez toujours la possibilité d’attendre un peu pour trouver plus tard le vêtement qui correspondra mieux à votre taille.

Naturellement, le but de cet article n’est pas de transformer votre innocente virée dans une brocante en calvaire. Vous avez le droit de craquer. Vous avez le droit de tenter le coup en achetant cette veste, ce pull, ce kit de macramé pour les nulles, ce chaton en porcelaine violette (même si la couleur à la mode de Pantone n’est plus le Radiant Orchid).

J'ai toujours aimé mettre une chemise en guise de gilet sur mes t-shirt d'été. La chemise parfaite se cachait dans un sac de fringues et remplacera à merveille les chemises
J’ai toujours aimé mettre une chemise en guise de gilet sur mes t-shirt d’été. La chemise parfaite se cachait dans un sac de fringues et remplacera à merveille les chemises « un peu serrée mais ça va » qu’en fait je ne portais pas parce que trop serrées.

Je pense que pour parvenir à ces dressings parfaits et ces maisons à la décoration hyperpointue dont tout le monde parle, il faut se planter un paquet de fois. C’est normal. Ca arrive. Ca ne vaut pas le coup de se flageller parce qu’on se rend compte que finalement on préfère les shorts aux jupes ou qu’en fait n’aime plus tant que ça le métal alors qu’on venait d’acheter une table basse design. L’avantage (si on peut utiliser ce terme) en craquant dans un vide grenier, c’est que ce sera moins douloureux que dans un magasin classique. Moins douloureux pour votre porte-monnaie et surtout pour les personnes à l’autre bout de la planète qui fabriquent certains objets dans des conditions pas très funky.

Au pire ? Dans votre quête des vide grenier, vous aurez perdu quelques euros, avancé dans votre quête des objets parfaits et peut-être gagné un coup de soleil.

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2 réflexions sur “Survivre aux vide greniers

  1. Je sens l’appel du pied d’une force là… 🙂

    Les vides greniers j’en faisais pas mal avec mes parents gamine, je ramenais essentiellement des bouquins. Plus âgée j’ai fais quelques bonnes affaires, dont un lot de deux lampes de chevet en bois que j’adore. J’ai également récupéré un cuit vapeur seb à deux étages encore dans son carton d’origine que ma maman avait réussi à chiner pour trois fois rien. Je crois que mon plus récent achat du genre c’est un joli sac marron rétro, mais ça date d’il y a quelques années déjà.

    Aujourd’hui je n’ai plus trop le temps pour aller à ce genre de choses, notamment parce que je travaille le weekend.

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  2. Bonjour Adele, et merci pour ton commentaire qui m’a un peu rassuré dans mes introspections et conforté dans mes choix vestimentaires 🙂
    Je suis ravie de savoir que mes articles de « décortiquage » te plaisent, c’est très gentil et ça me donne très envie de continuer à en écrire (même si c’est pas les plus simples à rédiger je te l’avoue… d’où le fait qu’ils soient rares)

    Mon mémoire portait sur la mode sur les médias sociaux, en gros j’ai étudié les pratiques et dispositifs dans leurs stratégies de communication des entreprises de mode (luxe & fast fashion) en comparaison aux pratiques des amateurs (blogueuses notamment mais aussi youtubeuses et instagrammeuses!)

    Je découvre ton blog… j’aime beaucoup ! 🙂 Surtout l’article sur la quête de féminité/identité quand on est geek.. c’est une jolie découverte je t’ajouterai dans ma blogroll très bientôt ! 🙂

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