Six petits périples pour l’été 2/2

Six petits périples pour l’été 2/2

Deuxième partie de cette sélection de romans sur le voyage. Plus orientée littérature jeunesse, même si les deux oeuvres qu’on range dans cette catégorie ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

Le livre des choses perdues

John Connolly

livre des choses perdues john connolly

La quatrième de couverture évoque l’influence de Lewis Carroll. Il y a des moments où ce genre de compliment est terriblement racolleur, au vu de l’énorme succès qu’a eu l’adaptation Disney d’Alice au Pays des Merveilles (et celle de Tim Burton). Le côté glauque y ressemble. En fait, à plusieurs égards, je trouve une filiation entre Le Livres des choses perdues et un de mes romans préférés, L’Histoire sans fin (♥♥♥).

Dans Le Livre des choses perdues, la guerre se fait imminente en Europe. David emménage dans le Nord Ouest de Londres en compagnie de son père, la nouvelle femme de celui-ci et leur nourrisson. L’adolescent vit mal la mort de sa mère. A la suite d’un évanouissement, il lui semble entendre des voix. David passe dans un autre monde, qui revêt toutes les caractéristiques des forêts de contes les moins accueillantes. Des loups, des arbres mystérieux et bon nombre de personnages peu recommandables. C’est sur ce point que je ne classerai pas le livre en livre jeunesse : il y a des scènes violentes, sombres, qui vous donnent envie de recracher votre repas.

Trois chirurgiens traversaient la forêt. J’ai croisé leur chemin et je les ai capturés. Ils m’ont parlé d’un baume de leur invention capable de ressouder une main coupée à son poignet ou une jambe à un torse. Je leur ai demandé de me le prouver. J’ai coupé le bras d’un des chirurgiens et les deux autres l’ont remis en place, ainsi qu’ils me l’avaient annoncé. Puis j’ai coupé un des chirurgiens en deux et ses compagnons l’ont également reconstitué. J’ai alors décapité le troisième et les deux autres chrirugiens ont réussi à replacer sa tête sur son cou.

Elle montra du doigt les trois têtes de vieillard accrochées au mur.

Le livre soulève des points intéressants. Il mêle la psychologie d’un enfant à un récit initiatique, maintient une atmosphère glauque, pose des choix moraux tout en introduisant des créatures fantastiques … Et je n’ai pas accroché. Le personnage de David m’a semblé assez insupportable, les personnages féminins m’ont fait tiquer (il n’y en a qu’une qui est présentée positivement et on dirait que c’est le trope de la femme dans le frigo*) et le style m’a semblé trop simple. De la simplicité volontaire des contes, sauf que parfois ça n’accroche pas. Je l’avais lu l’an dernier, j’hésite à recommencer l’expérience.  Si certains d’entre vous l’ont lu, j’aimerais votre avis.

* sur la femme dans le frigo, cet article vous aidera à en savoir plus. Anita Sarkeesian a bien expliqué les tenants et aboutissants de cette représentation.

Le rayon vert

Jules Verne

le tour du monde en quatre vingt jours

Ce n’est pas le plus connu des récits de Jules Vernes, mais il mériterait de l’être un peu plus (connu, pas Jules Verne). On y retrouve tous les éléments d’un récit de l’auteur picard : une géographie bien maîtrisée, une quête qui s’oriente un peu vers le surnaturel, et même une histoire d’amour. Racontée avec assez de pudeur pour ne pas sombrer dans les écueils habituels.

Le Rayon Vert raconte l’histoire des frères Sam et Sib. Les deux oncles prennent soin de Miss Campbell, écossaise comme eux. Voici comme l’ami Jules les décrit :

Pour esquisser en quelques traits ces prototypes de l’honneur, de la bonté, du dévouement, il suffit de rappeller que leur existence toute entière avait été consacrée à leur nièce. Ils étaient frères de sa mère, qui demeurée veuve après un an de mariage fut bientôt emportée par une maladie foudroyante. Sam et Sib Melvill restèrent donc seuls, en ce monde, gardiens de la petite orpheline. Unis dans la même tendresse, ils ne vécurent, ne pensèrent, ne rêvèrent plus que pour elle.

Pour elle, ils étaient demeurés célibataires, d’ailleurs sans regret, étant de ces êtres bons qui n’ont d’autre rôle à jouer ici-bas que celui de tuteur. Et encore n’était-ce pas assez dire : l’aîné s’était fait le père, le cadet s’était fait la mère de l’enfant.

Ces deux jumeaux bienveillants prennent les souhaits de leur nièce très à coeur. Lorsqu’elle décide de leur faire traverser le pays à la poursuite du Rayon Vert, ils font préparer leurs valises. Ce rayon vert tant convoité par Miss Campbell apparaît seulement au moment où le soleil se couche. Le voir permet d’être assuré de ses sentiments, savoir ce qu’il faut faire. Tous trois vont donc suivre le bord de mer à la poursuite de ce fabuleux phénomène optique.

Faire du personnage féminin le moteur du récit de Jules Vernes ne le rend pas différent des récits plus connus qui ont pour héros le traditionnel homme blanc de la littérature. Un quatrième personnage s’ajoutera à cette épopée et aux dernières scènes : l’intérêt amoureux d’Helena Campbell.

La princetta et le capitaine

Anne-Laure Bondoux
La Vérité s'exprimera par cette image tirée de http://www.livredepochejeunesse.com/ parce que le livre a été réedité et que le mien est chez une amie qui vit un peu loin.
La Vérité s’exprimera par cette image tirée de http://www.livredepochejeunesse.com/ parce que le livre a été réedité et que le mien est chez une amie qui vit un peu loin. #blogueuseencarton

Pour vous donner une idée de mon affection pour ce roman, imaginez-moi retrousser mes manches (imaginaires, on est en été) et frétiller à l’idée d’en parler ici.

La Princetta et le Capitaine part sur une base ultra connue en fiction. Le cas de la princesse qui veut s’émanciper de son carcan et découvrir le monde / aider la rébellion. Sauf qu’Anne-Laure Bondoux tourne ça avec beaucoup de finesse : on assiste aux conséquences de la fuite de l’héritière du trône, sur le modèle politique et sur son propre destin. Sortie des murs de son château en Galnicie, Malva se rend compte qu’on l’a manipulée et que partir à l’aventure est bien moins simple que ce qu’elle avait pu imaginer. C’est tout un monde que la jeune femme et sa dame de compagnie Filomène vont découvrir. L’auteure a crée tout un monde qui pastiche le nôtre, ne ménage pas le sexisme que devra subir ses héros. Malva croisera aussi le chemin d’un capitaine, sera séparée de son seul repère (Filomène donc) dont le rôle ne se résumera pas à rester un personnage de second plan sans relief …

Et ce voyage, boudiou, ce voyage. Il ressemble à l’Odyssée, le sexisme en moins. J’ai vraiment aimé découvrir les différentes îles en compagnie de ces personnages, et j’ai pleuré quand certains sont morts. Le traitement d’une histoire fantastique (princesse, îles hors du monde commun, monde original) avec la sensibilité d’une auteure qui mesure les enjeux auxquels ses personnages feront face (le sexisme, la peur, la politique compliquée entre ces différents pays, la mort de leurs proches …) est un combo qui a terriblement bien marché sur ma petite personne.

Une nouvelle édition vient d’ailleurs d’être éditée. Elle proposerait une fin un peu différente. Je pense avoir trouvé mon prochain achat livresque.

 

J’espère que cette sélection vous aura plu ! Dites-moi si le principe de sélection vous intéresse ou si la littérature comparée (comme dans l’article sur les soeurs) vous emballe plus.

Il y a un de ces livres que vous comptez lire ? (:

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