Déconnexion, old et autres dilemnes estivaux

Déconnexion, old et autres dilemnes estivaux

Ce qu’il y a d’amusant quand on planifie un peu ses articles, c’est que l’angle par lequel je voulais aborder ce sujet a été un peu chamboulé. Tout d’abord parce qu’Eleonore Bridge a publié un bon article sur le sujet il y a quelques jours. Déconnecter.

Egalement parce que mon titre initial, Has been et je le vis bien, me semble désormais à côté de la plaque.

Mais aussi car le cadavre de mon téléphone portable n’est pas encore chaud. Façon de parler, mais depuis qu’il refuse de s’allumer et que j’attends patiemment la livraison de son remplaçant, je suis coupée du monde. Si je sors de l’appartement, je n’ai plus ni montre ni moyen qu’on communique avec moi. De quoi me pencher sérieusement sur son remplaçant, à l’heure où les smartphones sont légion et où être toujours joignable est devenu possible.

Ses derniers jours.
Ses derniers jours.

J’en ai déjà parlé dans l’article Geek, féminité et quête d’identité. Je me suis définie comme geek à l’époque où j’apprenais joyeusement ce qu’est une feuille de style CSS et un padding. Avec du recul, je dois me rendre compte que je suis assez éloignée de cette description. Je passe du temps devant un écran, particulièrement en période de vacances. Pourtant, si on comptabilise ce temps devant mon pc avec le temps que passe mon entourage devant son pc, sur son téléphone, sur une tablette, je ne dois pas trop sortir des clous. J’ai l’impression d’avoir moi aussi attrapé ce mal du siècle de passer beaucoup de temps sur le net, tout simplement parce qu’il a redéfini notre manière de chercher l’information et de communiquer avec les autres. Ca n’est pas bien, ça n’est pas mal.

Est-ce que je ressens le besoin de me déconnecter ? Plus ou moins. Mais cette déconnexion n’en est qu’une petite, je n’ai jamais vraiment été connectée. Quand je suis partie étudier en faculté et qu’il est devenu clair que la vie serait bien plus simple avec une ordinateur dédié à la prise de notes, mes finances ne me permettaient pas d’avoir une ordinateur dernier cri ultra rapide. J’ai opté pour un petit appareil, qui remplirait un rôle de machine à écrire. Ca me semblait un bon garde-fou à la possibilité d’aller zoner sur le net lors d’un cours ennuyeux. Il est effectivement trop lent pour aller convenablement sur internet, et depuis un problème d’OS, regarder une vidéo dessus relève de l’utopie.

En fait, c’est très bien comme ça. Ca me convient bien.

Je me sentirais usurpatrice de vous parler de Slow Life, parce que je n’en suis pas encore là. Mais je peux vous assurer que vivre les nouvelles technologies avec un petit décalage temporel est une très bonne chose aussi.

Dans son article, Eleonore Bridge renvoie à un papier sur Instagram Hashtagueule. Le ton très amusant de l’auteure n’est pas du tout simple à bien montrer par une citation, mais voici un petit quelque chose pour vous donner envie de cliquer sur ce lien :

Au lieu de profiter de mon quotidien je le photographie et je fous un filtre dessus. Je suis devenue le touriste relou dans le musée de ma propre vie,  imposant à mes followers la photo où j’ai une tête trop mimi (il a fallu mettre un filtre et blinder les contrastes, heureusement que le résultat est plutôt pas mal) dans la quête d’un petit like.

J’ai été cambriolée il y a bientôt deux ans. Mon ordinateur portable trônait sur mon bureau, fier et vulnérable. Après une brève période passée à consulter mes mails sur l’ordinateur que j’utilise pour mes cours, privée de vidéos et de musique, j’ai remis la main sur le pc que j’utilisais chez mes parents. Fixe. Datant de 2007. Terriblement encombrant (je pouvais construire des fortifications grâce à la place que prenait son unité centrale). Revenir sur un ordinateur portable qui n’a pas de problème de comptabilité et où je peux ouvrir deux trois programmes en même temps, ça m’a paru un luxe formidable. C’est ce qui me fait très plaisir avec ce décalage. J’ai passé des mois à m’émerveiller de pouvoir écouter de la musique et papoter avec mes amis sur Skype. La ravie de la crèche 2.0

Et les coïncidences se suivent et se ressemblent un peu (je mets une sale note à la Vie pour son défaut d’imagination sur ce coup). Le téléphone portable que j’utilisais depuis ce cambriolage (où on m’a volé mon téléphone portable. J’étais partie sans en pensant qu’au moins je ne l’abîmerai pas et … oh zut, fermons cette parenthèse) m’a récemment lâchée. J’ai eu droit à un formidable chant du cygne de sa part. Des mois où je cherchais une information dans une conversation par textos et me demandait pourquoi diable une copine m’appelait par le surnom que me donne ma mère. Ou pourquoi j’avais discuté de ce sujet avec mon mec alors que je me souviens très bien que j’organisais cette sortie avec une autre amie. Le mystère des textos qui se retrouvaient dans la mauvaise conversation.

Quand il a décidé qu’il ne s’allumerait plus jamais, j’ai fait ce que toute personne qui vit à notre époque aurait fait : j’ai commandé un nouveau téléphone. Depuis, j’attends. Passé une première période d’une journée où j’étais très déçue de ne pas faire des blagues nulles par texto à mon mec, je me suis rendue compte que ça allait, je gérais bien la déconnexion. Tout est interconnecté et j’ai cru être tombée dans un piège mortel en me rappelant qu’avant tout achat en ligne, ma banque m’envoie un code par texto. Mais à part ça, je trouve ça reposant d’être éloignée du téléphone. Je ne regarde pas l’heure par habitude en vérifiant si j’ai des messages en retard ou non. La sonnerie ne me surprend pas au milieu d’un moment de coocooning.

Le challenge minimaliste crée par Into mind
Le challenge minimaliste crée par Into mind

Je n’ai pas une volonté surhumaine qui m’aurait permis d’affronter la rupture numérique (si petite soit-elle). Le challenge d’Into Mind, s’il vous tente, me paraît assez largement accessible. Y mêler des réflexions sur son mode de vie (le point 9 sur sa collection de produits de beauté, le 30 sur ses cinq derniers achats …) et sur l’emprise du virtuel sur nos vies (le point 10 qui demande de ne pas aller sur un réseau social ou envoyer des mails avant le repas du midi, le 3 qui conseille de se déconnecter un peu de sa vie digitale …) est intéressant.

J’ai opté en remplacement de mon téléphone par un smartphone visiblement peu performant. Les avis disent qu’il est un peu lent et qu’il y a peu d’applications, et je m’émerveille de savoir qu’il va avoir des applications (après mes sms, je pense que ce j’utilisais le plus, c’était mon réveil ou la calculatrice). Mon forfait de radine qui paie 2 euros par moi me convient bien. Je vais pouvoir poster deux ou trois photo sur Instagram de temps en temps. Le luxe suprême.

En gardant de la distance avec le virtuel, j’ai le sentiment de m’éviter des frustrations. On rate toujours quelque chose sur le net. Un article génial, un mini jeu, ce qu’il est arrivé à une de nos connaissances. Je le sais, Mona Chollet le sait aussi dans son livre Chez Soi (qui est VRAIMENT BIEN au passage) et vous le savez aussi. Mon temps et mon argent sont finis, autant en laisser d’autres découvrir les bonnes applications, les bonnes séries télé et en profiter ensuite. Vous avez le droit de vous déconnecter, de prendre le temps de réfléchir à tout ça si cela vous met mal à l’aise. Si vous n’avez pas raté le coche de la modernité et que ça vous convient bien, allez-y aussi, foncez. Je trouve ça vraiment cool. Je viendrai parler aussi de cette série géniale des mois après, même si je me suis tout fait spoiler et que personne ne s’en occupe plus. C’est toujours génial d’avoir des influenceurs et si vous êtes contents de votre rapport à la technologie, ne changez pas, profitez-en.

D’ailleurs je viens de me mettre à X-files et j’envisage de visionner Buffy.

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4 réflexions sur “Déconnexion, old et autres dilemnes estivaux

  1. Je me sens souvent en décalage aussi rapport à mon antique téléphone (pas d’instagram pour moi du coup, c’est mon regret) et à mon choix de privilégier mon porte-monnaie en ne prenant pas d’abonnement internet pour mon appartement…

    Au quotidien je me sens du coup assez libre, mais si j’avais la possibilité financière j’apprécierais certainement de moderniser un peu mon matériel je pense.

    Je suis assez curieuse de voir ce que tu vas penser de Buffy en particulier, il y aurait matière à discuter.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est là que la notion d’effort est différente : je me passerais sans mal de mon téléphone alors que mon internet m’est très utile. J’apprécie de m’en déconnecter en vacances mais au quotidien, je ne m’en sens pas capable.
      Ca me ferait plaisir d’avoir ton avis sur cette série, j’ai regardé aujourd’hui Ernest et Célestine après avoir relu ton article. (:

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  2. Encore un très bon article ! J’admire ta capacité à être déconnectée. Je passe pas mal de temps sur mon pc, rapport au boulot (comment ça j’ai le nez qui s’allonge ?) (bon d’accord,c’est moche de chercher des excuses foireuses), et mon smartphone ne me quitte jamais (bah oui, pour faire des photos de mes puces trop choupies, gérer mes rdv, visualiser mon emploi du temps au lycée… ok, j’avoue, en fait je vais checker mon FB et mes SMS toutes les demi-heures).
    D’ailleurs on revient d’une semaine dans le Jura, véritable No Man’s Land de la 3G. Si les 1ers jours ont été un poil tendus pour la geek que je suis, finalement j’ai survécu (non sans être ravie de retrouver de la 3G une fois sur la route du retour… on ne se refait pas !) et ai profité de ses plages-horaires sans geekage pour lire, ce qui est quand même plutôt agréable.
    Tout ça pour ire que je devrais apprendre à décrocher un peu de temps en temps, histoire de ne pas (plus ?) ressembler aux élèves dont je me moque; qui passent leur temps collés à leur portable, qui ne prennent plus la peine de discuter et qui, quand ils le font, discutent avec leurs écouteurs dans les oreilles.
    Allez, je retourne à ma régression musicale avec mon vieux Walkman cassette !
    Bises miss !

    PS: Un gros big-up de la part de mon cher et tendre pour ta décision de regarder X-Files, il est lui-même entrain de se refaire l’intégrale de la série 🙂 (les oldies, c’est la vie !)

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    1. Merci (:
      Je suis déconnectée à la va-vite au final, parce qu’il me semble que je passe quand même plein de temps sur le pc (mais presque tout le monde le fait, ça n’a l’air de rien. Et j’ouvre pas topito en pleine bibliothèque universitaire, alors +10 en discrétion).
      C’est encore trop tôt pour le voir mais je me demande si les applications et le smartphone vont changer quelque chose, ne serait-ce que pour noter telle ou telle chose au quotidien. Ca me rassure d’y aller à mon rythme et de réfléchir à la manière dont ça m’impacte (pour ne pas être comme certains élèves, justement ! )

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