Ce que nous apporte la presse papier

Ce que nous apporte la presse papier

En ce moment je suis jalouse. Pas comme le magazine, mais jalouse de mon mec qui trouve son bonheur dans les tabac journaux. Mon cher et tendre a son petit magazine favori, qu’il bouquine dans le train (ou le bus, moins glam’) avec nonchalance. Pendant ce temps, je désespère. Il a même deux magazines. Deux. Un pour le lifestyle et un autre sur une de ses passions.

C'est un super sujet mais pas sûr que ce soit le plus simple pour engager la conversation avec son voisin de bus.
C’est un super sujet mais pas sûr que ce soit le plus simple pour engager la conversation avec son voisin de bus.

Je les lui piquerais bien s’ils m’intéressaient. Parce que hormis quelques articles sympas et intéressants (dont ce dossier, tiens), je sens bien que je tombe à côté de la plaque. Or, moi, j’ai envie d’être le public cible. Qu’un magazine ne me parle pas spécialement de tel sujet pointu mais qu’il évoque la mode, le lifestyle et tout ce genre de sottises un peu légères que je ne trouve pas quand je bouquine Proust. En tout cas, Proust ne m’a jamais dit comment porter la cuissarde en 2015 (tu déconnes, Marcel).

J’adorerais avoir mon magazine, mais je n’aime pas sentir qu’on me crache à la gueule quand j’utilise mon pouvoir d’achat. Un article sur la tendance africaine parce que « l’Afrique est plus chic que jamais » ? Une rubrique mensuelle où un mec explique ce qu’il attend chez une femme (pas assez de pression / un point de vue ultra revu / merci pour les non hétéros) ?

D’autant qu’il y a la pub. Les articles intéressants commencent à être aussi nombreux que les cornichons dans un hamburger, tandis que je me prends deux bonnes tranches de normativité pour emballer tout ça et de la pub pour donner du goût, faire une certaine impression. Ca me fait doucement rire qu’on me conseille un sac façon masque africain dont le prix comporte trois chiffres, et je ne parle pas des pages glacées uniquement dédiées à la pub. Les articles sponsorisés (ça pourrait arriver insidieusement, en dehors des publi-communiqués qu’on nous sort parfois), je ne veux même pas y penser.

Pour tes beaux yeux (oui, toi, lecteur au regard si doux malgré ta conjonctivite ou ton allergie au pollen, tu as de beaux yeux), je me suis livrée à un test formidable. J’ai fait appel à toutes mes connaissances mathématiques pour ça. J’ai compté le nombre de pages dédiées à la pub. Le mois octobre (octobre ? On était début septembre quand je l’ai acheté) de mon magazine-test compte presque 280 pages. J’ai compté 110 pages de pub. En excluant donc la quarantaine de pages de la série mode et les pubs qui n’avaient pas une page entière (demi-page ou objet découpé et glissé dans l’article, articles mis en valeur dans un look).

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Ca veut dire, si j’enlève 40 pages de mode au 280 qu’en compte le magazine, qu’il y a 240 pages de contenu « textuel ». Une bonne série mode c’est aussi du contenu mais là n’est pas la question. Et 110 pages de pub sur 240 de magazine, ça s’approche dangereusement de la moitié.

Je sais que la presse papier est moribonde. Je sais que ça coûte cher d’imprimer et distribuer un magazine, qu’il y a des délais de parution hyper courts et beaucoup de stress. Néanmoins, si je convertis mes 2 euros de magazine en « combien de cafés dégueus de la fac ça représente », j’arrive à quatre mauvais cafés. Ou deux « bons » (la notion est relative) et quelques.

Je ne suis pas fana de café, mais j’aime encore mieux m’en contenter et lire des blogs que me sentir comme le dindon de la farce.

Depuis que j’ai commencé à rédiger cet article, j’ai jeté mon dévolu sur un autre magazine. Cette fois, je prends le problème à bras-le-corps (et j’utilise beaucoup trop d’expressions) : je ne vais pas lire un magazine général qui parlerait d’un ensemble de sujets spécifiques. Je vais utiliser un magazine très spécifique, très orienté (non, pas comme un édifice religieux) pour aborder plusieurs sujets. L’actualité à la lumière des livres a tout pour me plaire. Le magazine est cher mais jusque-là je m’estime convaincue et je prends des notes pour refaire ma pile à lire.

Rien que pour cet article sur le lynchage des femmes sur internet, ça valait quand même le coup.
Rien que pour cet article sur le lynchage des femmes sur internet, ça valait quand même le coup.

 

Personne ne me dit encore comment porter la cuissarde en 2015, cela dit.

« Déso'. »
« Déso’. »
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6 réflexions sur “Ce que nous apporte la presse papier

  1. J’aime beaucoup cet article, tant sur le fond que sur la forme !

    La dernière fois on m’a mis un magazine présenté comme féminin dans la main à la sortie du métro, j’ai jeté un œil à l’appartement et j’avoue que j’avais carrément du mal à distinguer les articles « revues » de mode et maquillage ou autre des pages de pub… Ça doit être le manque d’habitude 😉

    Ma petite sœur m’a prêté ses happinez magazines donc je plonge aussi dans les méandres de la presse écrite pour voir si ça peut m’apporter quelque chose. Je n’en ai lu qu’un jusqu’à présent et je suis sur une impression partagée, je reste sur ma réserve et espère que les deux autres numéros qu’elle m’a prêté feront pencher la balance !

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    1. Ca me rassure et ça me perturbe aussi de lire ça : je ne pensais pas qu’un article que je trouve un peu court pourrait plaire comme ça ! 🙂 Plutôt une bonne surprise si je retiens la recette magique de ce format.

      Parlerais-tu de Stylist ? Ca fait partie des magazines que j’aime bien lire.Il faut encore se le procurer (je ne passe pas aux points de distribution quand il est distribué et justement, j’aimerais pouvoir l’acheter en kiosque).Je suppose que c’est le fait qu’il soit gratuit et que j’aime bien son ton qui me permet de supporter les pubs.

      Tu nous feras un petit article sur les happinez magazines ? 😉 Ils m’intriguent !

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  2. J’ai aussi du mal à trouver des magazines qui me correspondent vraiment et qui ne me donnent pas l’impression de me faire joyeusement entuber au moment où je les paie. Mis à part IDEAT que j’achète chaque mois (et qui compte quand même un sacré paquet de publicités), je n’arrive pas à trouver un titre dit « féminin » qui aiguise ma curiosité. Le pire de tous étant Elle… La dernière fois, j’ai compté une dizaine de double-pages de pub’s avant même de tomber sur le sommaire. Pour presque 5€, c’est un peu fort de café (cela dit, je suis fan de café, même le plus ignoble de tous)(une petite addiction, oui oui).
    Je ne sais pas si tu connais également le nouveau titre « As you like », dérivé d’Hellocoton et réchauffé de l’actualité de la blogosphère. 3€ pour retrouver des blogs que je lis en version imprimée, je ne comprends pas… J’en avais acheté deux pour me faire une idée. Je ne vois quasiment pas de contenu inédit, simplement du remanié de choses déjà disponibles gratuitement sur le Net. C’est un peu raté et c’est dommage car ce sont les premiers à s’intéresser à l’univers des blogs…!

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    1. Je crois bien que c’est ton premier commentaire ici, j’en suis toute contente ! (:

      J’étais super emballée par le concept d’As you like et je suis pour l’instant encore très dubitative. La maquette est jolie (typo, photo, organisation de page), l’objet est beau … Mais j’ai l’impression que ça tâtonne franchement. Je n’aime pas retrouver du contenu qui a été mis en avant et que j’ai très souvent déjà lu.
      Et puis du coup, il ne présente qu’une seule vision de la blogo …Le concept me paraissait très prometteur, mais pour l’instant ils se rapprochent encore trop d’un magazine féminin classique au lieu d’en profiter pour représenter tout le spectre de Hellocoton (donner plus de place à la partie humeurs et la partie culture, etc).

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  3. Je suis plutôt d’accord avec tout ce que tu dis… C’est très difficile de trouver du contenu qui réponde à notre envie de « légèreté » (je mets entre guillemets parce qu’il semblerait que le lifestyle ne bénéficie pas encore du même crédit que, mettons, l’Histoire) sans nous prendre en même temps pour un pigeon – je bondis sur la moitié des pages du Cosmo, chaque mois on parle du poids, de l’avis des hommes, et oui, de tel ou tel nouveau produit (attention, un peu ça ne me gêne pas, bien au contraire). J’achète de moins en moins de presse papier, ou alors des magazines spécialisés quand les dossiers m’intéressent. (En Belgique pour le lifestyle il y a Victoire, dont les trois numéros que j’ai lus m’ont presque convaincue, même on est très fort dans le domaine du luxe)
    Et à ça je voudrais rajouter une autre chose qui me gêne dans ce type de presse: un magazine est très vite lu, et après, si le contenu ne vaut pas la peine d’être gardé (je ne compte pas relire les 110 pages de pubs, ni la chronique « un homme nous parle »…), il est bon à être jeté. Cet usage unique me contrarie vraiment.
    Très chouette article comme d’habitude, sinon 🙂

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