Trois romans d’apprentissage pour finir l’été

Trois romans d’apprentissage pour finir l’été

L’été, je passe dans deux camps.

  • Soit je lis des romans énormes, des pavés qui encombrent mon sac où que j’aille, faisant l’admiration des gens qui me disent que je lis un livre si gros. A moins que je semble juste me promener avec un dictionnaire.
  • Soit je lis des romans dont je sais qu’ils seront légers. Pas des histoires à l’eau de rose où je trouverai rarement mon compte, mais des romans de littérature jeunesse, ou « jeune adulte » (young adult en anglais). Toutes mes lectures ont en commun d’être des romans d’apprentissage. C’était déjà le cas de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee.

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Ici, trois romans d’apprentissage se posant dans des contextes différents : l’Angleterre à deux époques différentes dont un monde imaginaire que vous connaissez sans doute, et un Texas éprouvant.

 

Le château de Cassandra

Dodie Smith

La quatrième de couverture de mon édition pas très belle (mais les autres le sont aussi visiblement) cite J.K. Rowling. Laquelle estime que l’héroïne, Cassandra, est un des personnages les plus attachants qu’elle ait rencontré. Après quelques recherches, le roman est un des classiques de littérature anglaise. Un choix qui n’a rien d’étonnant puisqu’il se lit se lit si bien.

Le roman raconte l’histoire de la famille Mortmain, qui vit dans un château délabré dans l’Angleterre des années 1930. La famille est pauvre. Les deux filles, Cassandra et Rose, ne peuvent pas espérer une dot. Leur père est un écrivain à succès, si le terme peut s’appliquer à un auteur qui n’a écrit qu’un seul roman très apprécié de la critique avant de cesser toute activité littéraire. Il faut ajouter à ce petit groupe le frère cadet Thomas, la belle-mère fantasque Topaz qui est modèle pour des peintres, Stephen le jardinier, et des animaux de compagnie.

Tout ce petit monde vivote comme il peut, dans une précarité financière qui s’alourdit. Pour autant, les Mortmain forment une famille unie et fantasque dont j’ai aimé lire le quotidien. Dodie Smith, qui publiera plus tard son grand succès (les 101 Dalmatiens) possède une plume extraordinaire. L‘écriture est douce, nous entraîne avec elle, nous fait prendre d’affection les différents membres de cette famille mis en valeur par des dialogues piquants. La narratrice est Cassandra, elle relate cette période de leur vie dans son carnet. Le récit rapporté alterne les dialogues et les anecdotes, avec beaucoup de tendresse pour sa famille, sans que Cassandra soit un personnage fade. Je l’ai lu, relu et je le relirai encore.

Peter Pan

J. M. Barrie

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Le titre et l’histoire adaptée par Disney ne rendent pas compte de deux choses.

  1. La beauté de l’écriture, très évocatrice, qui nous donne l’impression d’entendre réellement contée l’histoire, qui joue sur le langage et la place de l’auteur.
  2. Le rôle de Wendy et toutes les réflexions liées aux genres.

Parce que l’histoire de Peter Pan, c’est bien sûr Peter qui vient observer les humains et emmène les enfants dans son île, perdant son ombre et se querellant avec Clochette. Avec l’adaptation Disney, j’étais à totalement passée à côté du fait qu’il enlevait Wendy pour qu’elle soit la maman des enfants perdus et la sienne. Et que les pirates (dont on apprend qu’ils sont sanguinaires, Disney n’a jamais parlé d’éviscérer qui que ce soit, je l’aurais retenu) l’auraient bien voulue aussi comme maman.

Ah ben super, le seul personnage féminin doit être une mère ? Ca me fait grincer des dents pour ça. Mais en même temps, on sent une volonté de l’auteur de jouer avec le lecteur (enfant) en lui présentant les mères sous un jour mélioratif : il fait beaucoup de cas de Mme Darling, la mère des trois héros. Wendy prend son rôle au sérieux et sert de prétexte à parler de l’amour maternel. Elle devient un petit pilier de la communauté d’enfants perdus. Comme un féminisme essentialiste.

Mais si ce genre de perspective vous est un peu indifférent, laissez-moi vous le vendre en vous promettant qu’on ne sent pas le temps passer. Les multiples histoires qui s’imbriquent et font découvrir le pays imaginaire sont très bien menées.

Calpurnia

Jacqueline Kelly

Ce n’est pas que Calpurnia soit un mauvais livre. Mais ce n’est pas un bon livre dans le sens où j’aurais envie de l’acheter et le relire.

Calpurnia est une fillette de douze ans vivant avec ses six frères dans le Texas des années 1890. Fille d’une famille bourgeoise exploitant le coton (et les ouvriers noirs), elle est destinée à une future vie de femme au foyer. C’est un destin qui ne lui plaît pas mais auquel elle ne pense pas échapper.  Jusqu’à ce qu’elle s’intéresse, explore son environnement et se passionne plus particulièrement les insectes. Sa curiosité la pousse à demander de l’aide à son grand-père, un naturaliste fantasque, et ils se prennent d’amitié, portés par leur soif de connaissance.

Tous les éléments étaient réunis pour en faire un bon livre, mais impossible d’y accrocher. Le style est simple. Les personnages pourraient être attachants mais l’histoire explore trop de directions (la famille Tate, la plantation de coton, la vie dans une maison bourgeoise dans le Texas raciste et les interactions avec les personnages noirs, la relation enfant / grand-parent, la place d’une jeune fille dans la bonne société, Lula, le mariage du frère Harry …) pour permettre de rentrer dedans. A moins que ce soit le style.

Pour autant, le roman apporte un message positif. La fin reste optimiste sans être mièvre, il se lit facilement et a le mérite d’intéresser à la vie des insectes. A offrir à des adolescents (une adolescente plus particulièrement) plus qu’à des amateurs de littérature jeunesse.

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