Fringues et féminisme

Fringues et féminisme

La semaine dernière, le même sujet a été abordé par :

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Comme le sujet me préoccupait déjà, j’y ai encore réfléchi et je veux vous partager ce que j’en ai retenu en espérant que vous y trouviez une aide également.

Le féminisme et les poches

J’ai beau aimer les sacs à mains qui me permettent de transporter bien des choses plus confortablement qu’en les gardant à la main, je sais qu’ils présentent un problème de taille. Ils représentent moins un choix qu’une obligation. La plupart des vêtements féminins ne contiennent pas de poches. Parfois, le vice est poussé jusqu’à créer de fausses poches. Mon petit-ami ne découd pas les poches de ses vestes pour ne pas les voir déformées, mais je suis trop heureuse de pouvoir y ranger téléphone portable ou titre de transports pour passer à côté de poches.

Ca me fait vraiment plaisir de sortir sans sac, en ayant toutes mes affaires contenues dans un manteau que je ne risque pas d’oublier (sans quoi je finirais transie de froid). Il y a une bonne raison au fait que j’ai tant de mal à trouver des vêtements à poches et que j’éprouve un amour immodéré pour ma parka qui en compte cinq.

La mode pour les femmes est radicalement différente de celle des hommes, parce qu’elles partent d’un postulat opposé. L’auteure de l’article le résume en quelques phrases et le développe extrêmement bien aussi :

Men’s dress is designed for utility; women dress is designed for beauty. Its not a giant leap to see how pockets, or the lack thereof, reinforce sexist ideas of gender. Men are busy doing things, women are busy being looked at. Who needs pockets?

Que je traduis ainsi :

La mode masculine est conçue pour être utile, la mode féminine est conçue pour être belle. Ce n’est pas une conclusion hâtive que de voir comme les poches, ou justement l’absence de poches, renforce des clichés sexistes sur les deux genres. Les hommes sont occupés à agir, les femmes sont occupées à être regardées. Alors qui a besoin de poches ?

Si cette idée vous parait un peu extrême, je vous invite à lire l’article en question (toujours là-bas) qui développe comment l’absence de possibilité de cacher ou transporter un objet avec soi force à prendre d’autres choix contraignants (sac à main, ou pas de sortie, ou objet à la main)

Les jupes courtes, les talons limitent aussi différemment notre capacité de mouvement mais ils ont pour même effet de faire de la femme l’objet et non le sujet. On la regarde, mais on ne s’identifie pas à elle. Elle est mise de côté en la mettant sur un piédestal. Des siècles de descriptions littéraires du physique de la femme aimée n’ont pas arrangé les choses.

Rapport à soi et regard des autres

Le documentaire Arte revient sur un constat triste, souvent résumé en phrases choc nous expliquant que les gens beaux réussissent mieux que ceux qui ne le sont pas. Avant de s’intéresser à sa personnalité, on s’intéressera à l’apparence d’une femme. Nous savons plus ou moins que c’est le lot de tout le monde et que cela fait les aubaines des coach en séduction. J’avais compris sans poser des mots dessus le concept de corset de chair.

Comment notre corps, lui-même, est un autre corset entravant nos mouvements.

Les petites filles sont aussi turbulentes que les garçons. Les gardes d’enfant ont tous été confrontés aux mêmes problèmes d’enfants qui en mordent d’autres et qui rentrent salis par la terre. Durant leurs premières années, les enfants sont égaux sur ce point. Mais il y a un moment où toutes petites filles s’entendent dire de ne pas se tenir comme ça, qu’on n’écarte pas les jambes quand on porte une jupe, que ce n’est pas beau pour une fille de …, etc.

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Enfant j’étais timide, très angoissée par le fait d’être vue par les autres. Etre remarquée voulait dire m’exposer au jugement des autres, famille, camarades de classe, figures d’autorité. J’étais terrorisée par le fait qu’on me remarque car il ne pouvait s’agir que d’une mauvaise nouvelle.

J’ai mis du temps à savoir crier et je suis encore trop complexée pour danser. J’ai beau en être consciente, je ressens du malaise quand je prends trop de place. Parce que comme toutes les petites filles, j’ai appris à me dédoubler. A percevoir mon corps et savoir qu’on le regarde. C’est exactement ce que le documentaire met en avant, cette inquiétude constante de vivre et de se voir vue donc de craindre le jugement des autres.

 

Et je ne sais pas pour vous, mais j’ai beau le savoir, le problème n’est pas réglé.  Ça me fait une belle jambe.
Mais chaque progrès pour m’exprimer, prendre de la place et ne plus craindre le regard des autres est une vraie victoire.

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2 réflexions sur “Fringues et féminisme

  1. Coucou. Je suis d’accord avec toi sur tous les points. Les sacs à mains sont ultra chiants (et je pèse mes mots) mais si je veux pouvoir trimbaler mes affaires, pas trop le choix. Ceci dit, maintenant j’opte pour la bandoulière et le plus petit possible, pour justement, contraindre le moins possible mes mouvements! Ce qui m’énerve c’est quand mon chéri veut mettre des choses dedans! non non mon cœur, tu as des poches, ce sont tes affaires, tu te débrouilles avec! ^^
    Sinon comme toi, j’ai beau le savoir, j’ai aussi toujours de la gêne à beaucoup bouger et danser c’est compliqué!
    J’espère qu’on arrivera à éduquer filles, garçons et les autres sans faire de distinction de genre un jour.
    Belle journée

    J'aime

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